Pourquoi les critiques de la Grande Féminisation se trompent
La féminisation des institutions est un réel défi

Bo Winegard, (imprimer/PDF)

Étiquette(s) : sociologie  ;  féminisme

Traduction d’un article de Bo Winegard pour Aporia Magazine, What Helen Andrews’ critics get wrong : https://www.aporiamagazine.com/p/what-helen-andrews-critics-get-wrong (25 oct. 2025) ; l’article originale d’Andrews a été chroniqué ici : https://alacritie.fr/2025/la-grande-f%C3%A9minisation/.

Dans un article critiquant Helen Andrews et sa théorie, soutenant que la féminisation est synonyme de dégradation de certaines institutions comme le milieu universitaire et la justice, David French du New York Times développe l’argument suivant :

Andrews écrit : « La censure [cancel culture] est simplement ce que les femmes font chaque fois quand elles atteignent un seuil critique dans une organisation ou un domaine donné. » Comment cette affirmation peut-elle survivre à l’analyse historique la plus superficielle ? D’innombrables mouvements révolutionnaires et radicaux dirigés par des hommes ont pratiqué la censure et les purges.
Ce ne sont pas des escadrons de femmes qui ont guillotiné les dissidents pendant la Révolution française.
Même aujourd’hui, le mouvement MAGA s’engage avec entrain dans une culture de la censure. Et ces dénonciations visent à protéger les petits sentiments – oui, les sentiments – des hommes de droite.1

C’est vrai, bien qu’un peu polémique. Juste parce que les hommes peuvent fonder des institutions libérales tournées vers la poursuite de la vérité ne veut pas dire qu’ils le font systématiquement. L’histoire abonde d’exemples d’organisations d’hommes complotant pour des idéaux fantasques, suivant des convictions aussi fanatiques que pourrait aujourd’hui concevoir le monde universitaire. Mais ce que nous ne trouvons pas, c’est des organisations de femmes vouées à la l’honnêteté intellectuelle et la justice.2 Celles-ci restent l’apanage des messieurs.3

Le point de vue évolutionniste

Les femmes ont toujours excellé dans la sollicitude pour autrui4 et la préservation de la cohésion sociale, tempérant la propension masculine pour le conflit et la violence. Mais elles n’ont jamais créé de leur propre chef d’institutions autonomes dévouées à la poursuite de la vérité.

Socialement, elles sont prédisposées5 à rechercher l’égalité6 et l’harmonie émotionnelle, et elles ont tendance à désamorcer toute forme de compétition, d’audace individuel et d’impartialité dont ces institutions se nourrissent pour arriver à leurs fins. Ainsi, à mesure que leur présence s’est accrue dans les milieux politique, universitaire7 et culturel, ces institutions se sont transformées – l’équité et l’inclusivité ont peu à peu primé sur le mérite et la compétition. C’est aujourd’hui une évidence dans la recherche universitaire, dont le telos de vérité8 n’est plus qu’un lointain souvenir. Mais cette tendance se répand ailleurs également.

Pour l’observateur aguerri de la nature humaine, ce changement est prévisible voire inévitable en raison de différences, non seulement physiques, mais psychologiques entre hommes et femmes.9 Les dimorphismes sexuels, bien qu’influencés par la culture, sont en partie génétiques.10 La question ne réside pas dans la différence entre les individus, puisque beaucoup de tendances se chevauchent entre les deux sexes, mais dans le comportement collectif. S’il est difficile de prévoir le comportement d’une femme ou d’un homme tiré(e) au hasard, le comportement d’un groupe de femmes est quant à lui toujours plus prévisible. Elles s’accordent pour orienter la logique sociale vers plus d’égalitarisme,6 plus d’attention aux personnes4 et plus d’adhésion au consensus, en déconstruisant les logiques hiérarchiques et la compétition interne pour tendre vers la cohésion sociale et l’inclusivité.

La citation de Tolstoï11 au sujet des familles heureuses s’appliquent aussi bien aux groupes et aux institutions dominés par les femmes. Elles sont toutes semblables. Car la sélection naturelle n’a pas favorisé chez elles la formation d’alliance tournées vers des objectifs précis.

Les pressions évolutives ont orienté leur comportement vers la maintenance de l’harmonie sociale au sein des familles et entre elles, tandis que les hommes ont plutôt été sélectionné pour leur capacité à mener des efforts coordonnés. Les institutions formés par les hommes peuvent se révéler formidablement intolérantes et fanatiques ou libérales et orientés vers l’objectivité scientifique. Une tendance qu’explique la sélection naturelle conditionnée par la chasse, la construction d’infrastructures, la guerre, etc. Les hommes ont évolué pour tolérer le conflit et l’inégalité au service d’un but commun, tandis que les femmes promeuvent la cohésion pour justement minimiser ces effets.

L’élément crucial des effets de la féminisation des institutions est les différences sexuées dans la gestion de la coopération.

En tant que singe, les humains sont tout particulièrement tournés vers la coopération et capables de s’organiser collectivement selon plusieurs niveaux distincts, qui ont leurs morales et leurs normes propres : le niveau familiale, le partenariat réciproque et la coalition étendue. Ces logiques ont émergé quand l’organisation sociale est passée du clan à la société cosmopolite élargie.

Le premier niveau de coopération, la coopération familiale, est la forme de socialisation la plus ancienne et la plus intuitive. On la retrouve donc chez de nombreuses espèces, des canards aux cervidés en passant par les humains. Les parents protègent leurs enfants ; la nourriture est partagée dans la famille ; la famille défend son territoire. Le patrimoine génétique commun incite à cette abnégation. Le moteur moral est émotionnel. L’affection, la loyauté, l’empathie et le sens du devoir motivent des comportements népotiques qu’il est difficile de contourner. Même dans la bureaucratie moderne, le népotisme est bien souvent plus prégnant que la méritocratie.

Le deuxième niveau de coopération, le partenariat réciproque, au-delà des liens familiaux, est plus complexe car il implique d’évaluer l’intérêt de l’échange. Deux personnes chassent ensemble, puis se partagent le butin, ou alors l’une chasse pour l’autre, en attendant une contre-partie plus tard. Ces relations d’intérêt mutuel s’articulent autour de l’équité et de la réputation des individus. Elles impliquent les sentiments de gratitude ou de colère, et la réciprocité.

Le troisième niveau, la coalition étendue, coordonne des groupes unies par un but commun, et constitue l’effort coopératif à même de former des institutions complexes comme l’armée ou l’université. Et c’est à cette échelle que les différences entre les sexes sont les plus prononcées.

L’évolution a favorisé les hommes qui pouvaient s’organiser efficacement ainsi car ils se sont davantage reproduits que ceux qu’ils ont vaincu ou surpassé dans l’art de la guerre ou de la chasse. La supériorité numérique prime sur la stratégie. Les plus grands groupes gagnent. Et la défaite signifiait l’esclavage ou la mort.

Image de : Typologie des formes de coopération
Typologie des formes de coopération

Le succès des entreprises de coalition étendue nécessite hiérarchisation, respect des règles et valorisation des talents individuels au bénéfice du groupe. Le statut social sanctionne implicitement ce dernier aspect – un chasseur ou un soldat talentueux bénéficiera d’un statut prestigieux, et son groupe de ses talents. Ainsi la sélection naturelle favorisa les hommes enclins au respect de la hiérarchie, au sens de la justice et du mérite, à un certain stoïcisme et à une impartialité dans le jugement, fondements moraux de ce qui allait ensuite devenir la méroticratie, la justice et la science.

D’un autre côté, les pressions sélectives sur les femmes ont d’abord favorisé les deux premiers niveaux de coopération, l’attention accordée aux liens familiaux et le maintien de la réputation au sein du voisinage.12 Contrairement aux hommes, elles s’impliquent rarement dans des affrontements étendues.13 Leurs prédispositions morales ne sont donc pas l’impartialité et l’honnêteté, mais l’empathie et l’attention aux plus vulnérables. Quand les hommes se préoccupent plutôt du devoir, de la loyauté au groupe et du dépassement de leurs émotions personnelles, les femmes privilégient la bienveillance4, l’égalitarisme6 et la cohésion émotionnelle.

L’observation de Freud14 sur la différence du surmoi féminin conduisant à un sens moral distinct peut être lu à l’aune de cette interprétation.15 Les prédispositions morales des hommes s’articulent autour du respect de règles permettant la coopération à grande échelle, tandis que les femmes ont priorisé la préservation de la paix à leur échelle immédiate.

Image de : Typologie des valeurs
Typologie des valeurs

Ces différentes trajectoires évolutives produisent différentes tendances émotionnelles et psychologiques qui nous concernent ici. En général, les hommes sont plus tournés vers les systèmes, les objets, les abstractions et les règles formelles. Les femmes sont plus empathiques et tournés vers les sentiments et les personnes. Les hommes ont des comportement plus risqués, luttent plus ouvertement et agressivement pour le statut social, et tolèrent mieux la compétition, voire l’apprécient. Les femmes privilégient la sécurité, la stabilité et l’harmonie sociale, souvent en décourageant le débat et la dissension.

En un mot : les hommes cherchent le risque, les femmes le consensus. [Men seek more variance, women seek more consensus.] Aucune de ces tendances n’est supérieure à l’autre, elles sont simplement un outil permettant de résoudre les problèmes pour lesquels elles ont émergé. Mais elles ne sont pas adaptées à tous les problèmes. Un gant de baseball est utile pour attraper une balle, moins pour taper au clavier – de la même manière, prioriser l’égalité est utile pour l’équilibre d’un voisinage, mais bien moins pour celui d’une armée.

Image de : Typologie des sentiments moraux
Typologie des sentiments moraux

Cette évolution distincte explique pourquoi hommes et femmes sont caractériellement différents. Les groupes d’hommes sont hiérarchiques, centrés sur les règles et orientés vers un but précis. Mener cette bataille, chasser cet animal, construire ce batiment. Les groupes de femmes sont égalitaires et tournés vers les relations et les méthodes. S’occuper de cet enfant, résoudre cette dispute, préserver le bien-être de tel personne. Ce ne sont pas là les conséquences du patriarcat ou de stéréotypes insidieux, mais le résultat de notre histoire évolutive. Et elles semblent, a priori, inévitables.

Par conséquent, les hommes sont plus aptes à la création et au maintien d’organisations hiérarchiques où des normes spécifiques prévalent, et donc plus aptes à s’occuper des institutions vitales de la civilisation moderne : le monde universitaire, l’armée, la justice.

Les hyperboles sont vaines : les femmes ne détruisent pas la civilisation. Et les hommes, violents et compétitifs par nature, sont tout à fait capables d’organiser la censure et la destruction systématiques de leurs opposants idéologiques, en passant par le goulag ou l’échafaud plutôt que par le service ressources humaines.

Mais ils ont également prouvé que, quand les conditions sont réunies, ils érigent des institutions qui se dévouent de manière désintéressée à l’honnêteté intellectuelle et à la justice : l’enseignement supérieur, l’état de droit, la science et la presse. Ces organes sont nés d’efforts coopératifs typiquement masculins : hiérarchiques, compétitifs, méritocratiques, orientés vers un idéal abstrait.

Ce que disent les données

À mesure que les femmes ont intégré les institutions traditionnellement masculines, celles-ci ont muté, tantôt progressivement, tantôt brusquement, et potentiellement pour le pire. Il ne s’agit pas ici de dénigrer ces dames, qui ont indéniablement de nombreuses qualités que les hommes n’ont pas. Mais le bon sens dicte que les institutions masculines prospèrent à plus forte raison lorsqu’elles sont dirigées par des hommes.

Prenons l’exemple du monde universitaire, dont la répartition hommes-femmes a considérablement changé au cours des cinquante dernières années. En 1970, les femmes obtenaient moins de 10 % des doctorats aux États-Unis. Cette proportion a augmenté régulièrement, atteignant la parité avec les hommes en 2005. Aujourd’hui, les femmes obtiennent la majorité des nouveaux doctorats. La même tendance s’observe dans la plupart des pays occidentaux. À mesure que la population étudiante se féminise, il en va de même pour les facultés et les professeurs. Les femmes sont déjà plus nombreuses que les hommes parmi les enseignants du supérieur et sont en passe de les dépasser également parmi les professeurs. En d’autres termes, l’université moderne est en train de devenir une institution féminisée.16

Et ce n’est pas un hasard si, au cours de cette même période, le monde universitaire s’est détourné de son principe directeur traditionnel, à savoir la poursuite de la vérité. À sa place, une nouvelle conception a vu le jour : la justice sociale, l’égalité6 et la protection émotionnelle des étudiants et du personnel. En d’autres termes, un progressisme extrême. En dehors du monde universitaire, nombreux sont ceux qui se sont opposés à ce genre de mutation. Mais en interne, la situation est toujours aussi sombre, où les auteurs d’études scientifiques sont encouragés à inclure des « déclarations de diversité des citations ». En lieu et place de la méritocratie, il y a désormais un communisme de la victimisation. De chacun selon ses privilèges, à chacun selon son intersectionnalité.

Il n’y a là rien d’étonnant, car les femmes portent d’autres valeurs que les hommes dans ce milieu. De nombreuses données, issues à la fois d’auto-évaluations et d’observations, le confirment. En voici quelques exemples.

Dans une enquête YouGov réalisée en 2017 auprès d’adultes américains sur des questions liées à la liberté d’expression et à la tolérance sur les campus universitaires, les hommes étaient plus enclins que les femmes à défendre des idées controversées et des orateurs controversés. 56 % des hommes ont déclaré que les étudiants ne devraient pas être protégés contre les idées controversées, tandis que 64 % des femmes ont déclaré qu’ils devraient l’être. Et une majorité d’hommes soutenait le droit de 9 des 11 invités controversés à s’exprimer sur un campus, tandis qu’une majorité de femmes s’opposait aux 11.

Dans une enquête menée en 2021 par le CSPI auprès d’universitaires et d’étudiants en doctorat d’universités aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada, les hommes étaient plus enclins que les femmes à privilégier les textes intellectuellement fondamentaux plutôt que les quotas de diversité. Seuls 24 à 34 % des hommes soutenaient les quotas de diversité, contre 44 à 66 % des femmes.

Dans une enquête menée en 2018 par la Knight Foundation auprès d’étudiants à temps plein sur des questions liées à la liberté d’expression et à l’inclusivité, les hommes étaient plus enclins à soutenir la liberté d’expression plutôt que l’inclusivité que les femmes. 71 % des hommes ont déclaré que la liberté d’expression était plus importante, tandis que 59 % des femmes ont déclaré que l’inclusivité était plus importante.

Dans un papier de Geher et al datant de 2020, des universitaires américains ont été invités à attribuer des points à différentes priorités académiques. Les hommes ont attribué davantage de points à l’avancement des connaissances, à la rigueur académique et à la liberté académique. Les femmes ont attribué davantage de points à la justice sociale et au bien-être émotionnel.

En 2024, dans une enquête menée auprès de professeurs de psychologie, les hommes étaient plus enclins à soutenir la liberté dans la recherche que les femmes. Les différences étaient très significatives.17

Image de : Étude chez des professeurs de psychologie (Clark et al, 2024)
Étude chez des professeurs de psychologie (Clark et al, 2024)

Comme Cory Clark et moi-même l’avons résumé dans un article sur les femmes dans le milieu universitaire :

La tendance générale de ces différences est que les hommes sont plus attachés à la poursuite de la vérité comme raison d’être de la science, tandis que les femmes sont plus attachées à certains comportements moraux, comme l’égalité, l’inclusivité et la protection des plus vulnérables… En termes plus simples, les hommes sont relativement plus intéressés par la promotion de ce qui est empiriquement correct, et les femmes sont relativement plus intéressées par la promotion de ce qui est moralement souhaitable.

Ce qui est vrai pour le monde universitaire l’est également pour d’autres institutions. À mesure que les femmes y gagnent en influence, ces institutions ont tendance à s’orienter davantage vers l’égalité et la justice sociale, au détriment de la méritocratie et de l’impartialité. Dans certains contextes, cela peut constituer un rééquilibrage appréciable ; dans d’autres, cela peut avoir des conséquences désastreuses. Helen Andrews a exprimé une inquiétude particulière concernant l’état de droit ; je suis davantage préoccupé par la science. Ce sont bien entendu deux piliers essentiels à la civilisation occidentale.

À mesure que l’idéologie progressiste s’est répandue dans le discours ambiant, le monde universitaire et professionnel, le sujet des différences entre les sexes est devenue taboue. Si l’on peut dire que les femmes sont meilleures que les hommes, comme l’a fait un jour Barack Obama, suggérer que les hommes pourraient exceller dans certains domaines revient à s’exposer à des accusations de misogynie. Il en résulte l’impossibilité de tenir une conversation sérieuse sur la féminisation des institutions occidentales.

Pourtant les faits sont têtus : les hommes et les femmes sont différents, et ces différences ont des conséquences sur les institutions dans lesquels ils sont impliqués.

Je ne crois pas que les femmes détruiront l’Occident, ni que la culture de la censure soit simplement le résultat de l’accession aux responsabilités des femmes. Mais je crois que les hommes, en moyenne, sont plus à même de créer et maintenir certains types d’institutions, à savoir celles qui valorisent la hiérarchie, la compétition et l’honnêteté intellectuelle. Et à mesure que ces institutions continuent de se féminiser, leurs vertus traditionnelles continueront de s’éroder. Nous devons valoriser le rôle unique que jouent les femmes dans la civilisation, mais nous ne devons pas prétendre que leur présence croissante dans les institutions traditionnellement masculines est inconditionnellement une bonne chose.

Le patriarcat a fonctionné pendant fort, fort longtemps. Il s’est peut-être fourvoyé sur certains points, mais il est peu probable qu’il se soit trompé sur tout.


  1. https://www.nytimes.com/2025/10/23/opinion/helen-andrews-feminization-compact.html ↩︎

  2. Bien sûr, on peut objecter à juste titre que les femmes ont été, pendant une grande partie de l’histoire, exclues des domaines dans lesquels de grandes institutions autonomes pouvaient être créées. Les obstacles juridiques, puis économiques, rendaient cela pratiquement impossible pour elles. Dans les années 1880, cependant, les femmes ont commencé à former leurs propres associations bénévoles, clubs littéraires, unions de tempérance, maisons sociales et sociétés professionnelles. Celles-ci avaient souvent une influence sociale remarquable, mais, à ma connaissance, elles ne sont pas devenues des institutions indépendantes dédiées à la poursuite de la vérité comme l’université, la presse ou le système judiciaire. Leur orientation morale restait relationnelle et réformiste, souvent axée sur l’éducation et l’amélioration sociale, plutôt qu’épistémique ou méritocratique. Néanmoins, j’accepte cette critique. Les femmes ont été privées de cette possibilité pendant des siècles. Il n’est donc pas surprenant que, pendant la majeure partie de l’histoire, elles n’aient pas formé de telles institutions. Leur absence n’est pas déterminante, mais elle a une valeur probante. ↩︎

  3. Je reconnais que c’est provocateur. Mais je pense que c’est vrai. Les femmes peuvent monter des groupes qui privilégient la vérité et la justice impartiale, mais je ne pense pas qu’elles puissent fonder et maintenir de grandes institutions dans ce but. D’un autre côté, la plupart des hommes ne peuvent pas non plus. ↩︎

  4. NDT : L’auteur emploi ici le mot « care », notion très large et difficilement traduisible ; j’ai opté pour « sollicitude » et « bienveillance » notamment ; « attentionnel » est une autre alternative. ↩︎ ↩︎ ↩︎

  5. Warriors and Worriers: The Survival of the Sexes (2014), Benenson et Markovits. ↩︎

  6. NDT : Winegard emploie ici le mot « equity », quand, me semble-t-il, la notion d’« égalité » ou d’« égalitarisme » convient mieux : l’équité sous-entend l’égalité des chances, tandis que l’égalitarisme sous-entend l’égalité des résultats, conçue pour minimiser le conflit, ce qui, je crois, est beaucoup plus proche des logiques sociales instaurées par la féminisation. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎

  7. Cf. l’article de Quillette à ce sujet : https://quillette.com/2022/10/08/sex-and-the-academy/ ↩︎

  8. https://heterodoxacademy.org/blog/one-telos-truth-or-social-justice-2/ ↩︎

  9. Is There Anything Good About Men?: How Cultures Flourish by Exploiting Men (2010), Roy F. Baumeister. ↩︎

  10. Male, Female: The Evolution of Human Sex Differences (2020), David C. Geary. ↩︎

  11. « Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l’est à sa façon. » (Anna Karénine, 1877) ↩︎

  12. Bien sûr, les femmes interagissent également au sein de grands groupes sociaux, peut-être pour diffuser et recevoir des informations sur leurs concurrentes. ↩︎

  13. Campbell A. Staying alive: Evolution, culture, and women’s intrasexual aggression. Behavioral and Brain Sciences. 1999;22(2):203-214. doi:10.1017/S0140525X99001818 ↩︎

  14. « Le surmoi [féminin], dont la formation est, dans ces conditions, compromise, ne peut parvenir ni à la puissance, ni à l’indépendance qui lui sont, au point de vue culturel, nécessaires. Les féministes n’aiment guère que l’on fasse ressortir l’importance de ce facteur dans le caractère féminin en général. » (Nouvelles conférences sur la psychanalyse – “La féminité”, 1915-16, 1916-17)
    « On hésite à le dire, mais on ne peut se défendre de l’idée que le niveau de ce qui est moralement normal chez la femme est autre. Son surmoi ne sera jamais si inexorable, si impersonnel, si indépendant de ses origines affectives que ce que nous exigeons de l’homme. Ces traits de caractère que l’on a de tout temps critiqués et reprochés à la femme : le fait qu’elle fait preuve d’un moindre sentiment de la justice que l’homme, d’un penchant moindre à se soumettre aux grandes nécessités de l’existence, qu’elle se laisse plus souvent que lui guider dans ses décisions par ses sentiments de tendresse et d’hostilité, la modification de la formation du surmoi, dont nous venons de montrer d’où elle dérive, en est une raison suffisante. » (Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes, 1925) ↩︎

  15. Freud écrit : « Nous ne nous laisserons pas détourner de telles conclusions par les arguments des féministes qui veulent nous imposer une parfaite égalité de position et d’appréciation des deux sexes » (Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes, 1925) Nous pouvons être d’accord avec lui sur le fait que nous ne devons pas laisser les dénégations des féministes (ou des universitaires progressistes) nous détourner de la vérité, mais nous modifierions probablement son langage. Les hommes et les femmes sont égaux en valeur morale, mais différents dans leurs caractères et leurs aspirations. Dans certains domaines, les hommes sont supérieurs aux femmes ; dans d’autres, les femmes sont supérieures aux hommes. Cela est bien sûr tellement évident qu’il n’est guère nécessaire de le mentionner. Hélas, cette évidence est attaquée par le monde universitaire depuis de nombreuses années. ↩︎

  16. Il est important de noter que, à mesure qu’une organisation se féminise, elle tend à sélectionner les hommes efféminés et à encourager les comportements efféminés. Les hommes qui ne se conforment pas à cette norme sont exclus ou marginalisés. ↩︎

  17. Clark, C. J., Fjeldmark, M., Lu, L., Baumeister, R. F., Ceci, S., Frey, K., Miller, G., Reilly, W., Tice, D., von Hippel, W., Williams, W. M., Winegard, B. M., & Tetlock, P. E. (2024). Taboos and Self-Censorship Among U.S. Psychology Professors. Perspectives on Psychological Science, 20(5), 941-957. https://doi.org/10.1177/17456916241252085 ↩︎


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