Nul ne sait précisément si c’est la curiosité, l’ennui ou les neurones miroirs qui poussent les femmes à constituer aujourd’hui le plus gros contingent des lecteurs de fiction. Car lorsqu’on épluche le palmarès des ventes de romans en France, au-delà des rares classiques comme Jules Verne ou Romain Gary, les auteurs et les protagonistes féminins sont pléthores. Et parmi ceux-ci une certaine catégorie se démarque, une catégorie autrefois confidentielle (pense-t-on) qui s’est dévoilée au grand jour avec le succès tonitruant de Cinquante Nuances de Grey : le roman érotique. Et il se décline en sous-genres : la romance contemporaine dite « new romance » ; la « romance sportive, » qui implique généralement des quarterbacks de football américain ; la romance fantastique, dite « romantasy, » qui se déroule dans un monde merveilleux ; la « dark romance, » qui met en scène des relations abusives ; etc. Mais ne vous y trompez pas : les frontières entre ces catégories sont souvent poreuses.
It’s a woman’s world
Aux États-Unis, pour l’année 2024, c’est pas moins de 6 livres du top 10 qui sont issus de cette tendance (romantasy avec Maas et Yarros, dark romance avec Hoover)1 :

Ce phénomène incontournable prend doucement de l’ampleur partout, y compris en France où il aide indéniablement à tenir sous perfusion un marché de l’édition moribond2, avec 6 millions d’ouvrages de romance vendus en 2023, qui compte notamment Colleen Hoover, plus grosse (sans mauvais jeu de mot) vendeuse de livres du pays tous formats confondus pour cette année-là. Sarah Rivens et Morgane Moncomble se partagent le reste du butin avec 100 semaines de présence dans le top 200 pour Captive (T1) et Seasons (T1) ces deux dernières années.3
Dans la terminologie du milieu, on parle de « smut » (smeute) pour qualifier les récits explicitement pornographiques. Les livres sont souvent notés selon leur caractère « spicy » (« épicé, » comprendre « olé-olé »), et tombe donc plus ou moins dans la catégorie du smut. Certaines sagas, comme Un Palais d’Épines et de Roses de Sarah J. Maas, introduisent progressivement plus de smut au fil de leur progression.

« Les sous-genres les plus populaires restent la new romance et la dark romance » me confiait une responsable de la Fnac d’une grande agglomération. « Et même sur le rayon fantastique, 70 % des livres incorpore de la romance. C’est un genre naissant avec un nouveau lectorat, jeune et très largement féminin. » L’enfermement et l’isolement forcés du COVID furent un catalyseur majeur pour ce nouveau marché.
D’ailleurs cette « grande féminisation4 » condamne les hommes à portion congrue, eux qui aiment l’action, la guerre et les descriptions techniques.5 Qu’on le veuille ou non, l’offre telle qu’elle existe aujourd’hui les pousse hors des librairies, car, comme dans bien des domaines, l’équilibre entre les sexes est un jeu à somme nulle : ce qui est fait pour les uns est toujours au détriment des autres. Mais revenons à nos moutons : qui sont ces lectrices ?

Le lectorat féminin des romans érotiques
Puisque les hommes sont peu nombreux (entre 5% et 15% suivant les genres), nous allons ici nous concentrer sur les femmes.
Vraisemblablement, cette audience partage des similitudes avec celle qui fut captivée par Cinquante Nuances de Grey en son temps, et ça tombe bien : des études se sont penchées sur le sujet.
La lectrice moyenne de Cinquante Nuances avait, jusqu’à 5 ans après la sortie du livre, 40 ans, et était dans une relation, comme la plupart des femmes de cet âge ; en revanche, contrairement à la grande majorité elle n’est pas mariée, ce qui sous-entend un équilibre moindre dans les relations.6 On retrouve d’ailleurs ce genre de profils lorsqu’on étudie l’audience des conventions sur la littérature érotique aux États-Unis (type Romantic Times Booklover’s Convention).
Elle ne se distingue ni par son niveau d’éducation ni par son niveau de revenu7, mais a une vision du monde plus sexiste que la moyenne, et il lui arrive plus de déboires relationnelles.8,
9
Quant à ce nouveau lectorat, celui qui nous préoccupe aujourd’hui, il est probablement différent sur un point : il semble considérablement plus jeune qu’il y a quelques années, principalement du fait des réseaux sociaux, TikTok en tête, où le bouche-à-oreille fait rage, et aux avis d’Amazon, qui servent d’aiguillage qualité, particulièrement pour les plus jeunes.10 Enfin, la liseuse numérique, qui masque de fait les couvertures souvent ridicules de ces livres (dont vous verrez quelques exemples plus bas), permet de lire à l’abri des regards désapprobateurs – pratique !
On pourrait mentionner les déboires qu’ont rencontré les cosplayeurs hommes harcelés, et notamment un qui fut suivi jusqu’à sa porte d’hôtel, au salon du livre érotique Sinners & Stardust à Boston cette année, mais ce serait peindre une image biaisée de ces amatrices de livres érotiques.11

Pourquoi sont-elles si attachées à ces romans ? Ne soyez pas dupes – la motivation principale de ces lectrices est assez claire pour qui veut bien l’entendre. Que ce soit dans leurs descriptions de ces livres ou dans leurs manières de les consommer, peu de doute subsiste : lire des livres comme Cinquante Nuances les excitent sexuellement – l’intention première est cathartique. Si elles pensent qu’une telle activité les « émancipe, » est par essence « féministe, » c’est bien parce qu’elles considèrent que ce type de littérature démocratise une forme de pornographie qui leur sied tout particulièrement, et non parce que le narratif va dans le sens de l’émancipation des femmes – puisque c’est en général, comme nous le verrons, l’inverse. En réalité ce n’est pas une surprise quand l’on considère sérieusement la qualité littéraire, enfantine si ce n’est indigente, de ces oeuvres : il faut nécessairement une raison supérieure pour les apprécier tant le style rebute.12 « [B]eaucoup d’éléments trouvés dans les exposés des fantasmes sexuelles féminins ressortent dans les narratifs et les thèmes de ces livres » écrivaient deux chercheurs en 1984 – car oui, ce « genre » est bien plus ancien qu’on ne le croit. « Il est donc possible que ces bouquins à succès soient une forme de littérature érotique satisfaisant le genre de besoins associés aux fantasmes sexuels. »13

On peut être tenté de penser que c’est l’offre qui oriente la demande, en cela que les lectrices se contenteraient tout bonnement de ce que le marché leur offre. Mais c’est peu probable puisqu’il existe d’autres formes de contenu érotique pour femmes, comme par exemple Playgirl, magazine ouvertement féministe qui met en scène des hommes plus ou moins dénudés, dont les faibles ventes trahissent un manque d’intérêt manifeste chez la gente féminine. En fait, Playgirl est rapidement devenu l’apanage du lectorat homosexuel masculin. Une autre étude montre même que le « machiste » Playboy est consulté plus souvent que Playgirl par leur échantillon de femmes.14 Ce n’est pas le contexte qui importe, mais bien le contenu !
En outre, on remarque l’apparente involonté de ce lectorat de lire autre chose que des histoires impliquant des femmes et écrites par des femmes, une complainte récurrente sur les forums dédiées à cette littérature, comme s’il y avait quelque chose de foncièrement féminin dans ces histoires que la présence masculine corrompt.15
Au vu des éléments précédents, il existe une expression toute trouvée à l’égard de ses consommatrices de littérature érotique : ce sont des gooneuses, de l’anglais gooner, masturbateur compulsif. Toutes les femmes ne sont pas des gooneuses donc, mais il y en a plus que l’on pense.
L’autre pan du lectorat féminin se repait plutôt de thrillers psychologiques, type McFadden, ou de romances « classiques, » type Musso, assurément plus lisibles et autrement plus riches.

Venons-en maintenant à la substantifique moelle.
Il n’est pas saugrenu de penser que la littérature exprime la vision du monde des auteurs et de leurs lecteurs – Jung, Lukacs et Lucien Goldmann opinent du chef. Si la tragédie racinienne exprimait le désarroi de la noblesse de l’époque, qu’exprime aujourd’hui le roman érotique populaire que lisent certaines jeunes femmes en Occident ?
Résumés des oeuvres
Quand on écrit on ne ment jamais. […] Il n’est pas possible de se déguiser quand on écrit, je crois que ça n’existe pas. On se trahit toujours… Ce qu’on dit c’est toujours soi-même. — Anne Desclos dans Écrivain d’O (2004)
Je précise que, n’étant pas masochiste, je n’ai évidemment pas lu l’intégralité du contenu de ces bouquins, mais simplement les premiers chapitres. Ceux que je n’ai pas lu du tout sont marqués d’un *.
La palme revient aux dialogues, qui invitent bien souvent à se questionner sur les aptitudes intellectuelles de « l’autrice. » Au-delà de la forme risible, beaucoup d’intrigues paraissent relever du caprice dramatique, ayant pour unique but d’empiler les problématiques pour donner un semblant de complexité au récit, plutôt que d’un développement cohérent et organisé de la trame. Dernière précision : je n’ai pas utilisé l’IA car c’est encore, en 2025, généralement médiocre et contre-productif.
The Devil’s Sons de Chloé Wallerand
Carton plein pour cette auteure française et sa série à succès.
Résumé — Avalone Lopez, une jeune étudiante du Michigan au passé traumatique, se retrouve contrainte d’aider un groupuscule païen ultra-violent intégralement masculin, les Devil’s Sons, qu’elle découvre grâce à sa nouvelle colocataire, sœur d’un membre du gang. Concrètement, elle est soumise à certains ultimatums qui la contraignent à se mettre au service du groupe. La loyauté est une de leur valeur cardinale, essentielle pour rester soudés face aux menaces extérieures – la notion de clan est fondamentale et suscite l’admiration de l’héroïne. Leur univers est décrit comme étant « rempli de secrets et de violences » et ils sont impliqués dans nombre d’activités illégales (trafic divers, deals, etc.). Vous vous en doutez : la protagoniste initie une relation de passion destructrice, « brûlante, » « dangereuse » et intense avec Clarke Taylor, le membre le plus violent et incontrôlable du gang, clairement possédée par une rage démesurée, bras droit du chef. Morceau choisi : « Il était ma faiblesse, mon poison, et pourtant je ne pouvais pas m’en passer. » Une relation explicitement décrite comme « toxique » par les fans. Parmi les personnages secondaires, on compte Bran, un vieux membre du gang et mentor de l’héroïne, et Elena, une nouvelle recrue qui devient un soutien important pour elle.
Détail amusant : elle est atteinte d’une maladie chronique liée à la consommation de drogue de sa mère, et rejoint un gang… qui vend de la drogue !
Troublemaker de Laura Swan
Encore une française, dont le magnum opus en deux tomes est très représentatif du genre.
Résumé — June est une jeune lycéenne de 18 ans. Violentée par sa belle-mère, elle est entourée de camarades qui la harcèlent, d’une seule amie de confiance et d’un père absent qui travaille trop. Lors d’un cambriolage, elle est sauvée d’un viol d’un malfrat par un autre, Shayn Carrington, un américain, évidemment grand et naturellement musclé. Quelques mois plus tard, elle découvre qu’il est son nouveau professeur de lycée. Cette relation évolue progressivement d’inimitié en affection quand Shayn, d’abord soucieux qu’elle le dénonce, vient à prendre sa cause contre ses harceleurs, conquis par son charme naturel et sa beauté. Donc oui, on a ici une lycéenne qui couche avec son professeur, qui est aussi l’un des brigands qui l’a cambriolé – combo ! Le schéma reste le même : violence puis sauvetage, passion, interdits, etc.

Un Palais d’épines et de Roses de Sarah J. Maas
Passons à la reine américaine du genre romantasy, succès mondial retentissant, bien qu’encore confidentiel en France.
Résumé — Feyre est une fille issue d’une famille d’aristocrates qui évolue dans un monde où les humains sont séparés d’un mur invisible de créatures immortelles aux pouvoirs maléfiques. Délaissée par sa mère, décédée depuis, et dédaigneuse à l’égard d’un père qui n’a pas su mené à bien l’entreprise familiale ni réussir à défendre sa famille d’extorsion de leurs biens, elle est victimisée par tout son entourage. Chargée de nourrir sa famille, elle tue un jour par erreur un immortel transformé en loup et, le lendemain, un autre immortel, Tamlin, l’emmène dans son manoir, hors du monde des humains, conformément aux traités entre le monde des hommes et celui des immortels. Bien qu’il lui laisse en réalité énormément de liberté, elle n’a de cesse de lui mentir et lui désobéir, mais finit par tomber amoureux de lui. Quand elle se rend compte qu’Amarantha, une princesse maléfique, est responsable du malheur qui ronge le monde des immortels, elle sera manipulée par un autre beau gosse immortel, Rhysand, « plus bel homme qu’elle ait jamais vu, » qui la considère comme « sa propriété » et qui notamment la paradera droguée et dévêtue en place public puis l’attouchera simplement pour énerver son rival Tamlin. Les deux hommes parviennent à tuer la maléfique Amarantha et Feyre continue ensuite son calvaire chez Rhysand, puis reviendra plus tard trahir et détruire le château de Tamlin de l’intérieur quand elle sera tombée amoureuse du premier.
Dans les tomes suivants, l’héroïne ne se gênera pas pour utiliser sa sexualité en tant que vecteur de réaffirmation personnel – plus prosaïquement, on peut parler de « marathon du sexe » dans le troisième tome.
Captive de Sarah Rivens*
Parlons dark romance maintenant avec Rivens, algérienne née en 1999, qui a rencontré un succès certain avec sa saga Captive, où le viol est monnaie courante.
Résumé — Ella Collins est une jeune femme isolée qui n’a pour famille que sa tante, qui se drogue régulièrement. Elle est captive depuis son adolescence dans un système criminel de « possesseurs, » d’abord chez John, qui souvent la viole, puis chez Asher Scott (on note l’omniprésence des patronymes américains), gérant d’une entreprise mafieuse, qui lui fait surtout subir des tortures par pure haine. D’un moment à l’autre, elle décide qu’il est son protecteur et que la vie est pire sans lui, bien qu’il essaie activement de la tuer depuis qu’il la connaît.
On parle ici d’un livre qui, comme tous les autres, trône fièrement en tête de gondole du rayon romance, orienté vers les jeunes adolescentes en particulier. La youtubeuse ForeverBooks s’inquiétait à juste titre de voir des adolescentes lire un tel livre.16 « J’ai senti que je régressais en le lisant, bien que je le faisais en connaissance de cause » confit une autre youtubeuse17. Une dernière parle du « pire livre qu’elle ait jamais lu.18 »
On notera d’ailleurs la responsabilité de « l’éditeur, » qui a tout bonnement copié-collé un texte depuis Wattpad (plateforme d’écrivains amateurs) sans même faire l’effort de le relire.

Les romans de Colleen Hoover
Enfin mentionnons Hoover, phénomène mondial, dont tous les livres semblent être une variante d’un même thème : la protagoniste, dont l’intelligence émotionnelle avoisine celle d’un pangolin, rencontre un homme apparemment instable, qui se révèle être… instable, et violent. S’en suit une relation toxique où elle se fait soit maltraitée (p. ex. enceinte poussée dans les escaliers) ou violée, ou les deux. Ce sont sans doute parmi les livres dont la qualité et le succès commerciale sont les plus décorrélées (avec ceux de Rivens mentionnée plus haut), des livres dans lesquels on peut trouver des passages comme :
Apercevant la bouteille de jus d’orange que j’ai laissée dehors, il la range dans le réfrigérateur.
– Pardon, dis-je d’une petite voix. J’avais soif.
– Ce n’est pas grave, Tate, tu as le droit de boire mon jus.
Ouah…
Facile à interpréter de travers, cette phrase. Surtout quand on voit le mec adossé à son frigo, les bras croisés.
Ou encore, en parlant de bouse de vache :
Je n’ai jamais été aussi excitée de ma vie qu’alors qu’il étalait cette merde sur moi.
On constate après un rapide tour sur YouTube qu’Hoover est l’objet de moqueries de la plupart des critiques amateurs dont, au vu de ce qu’elle écrit, elle ne démérite pas tout à fait. Ne tirons pas sur l’ambulance mais rappelons quand même que c’était en 2023 l’auteure la plus vendue en France tous formats confondus.
Identification du « script féminin »
Si vous avez lu attentivement ces résumés (ce dont je ne doute aucunement), vous devriez voir pointer quelques récurrences. À chaque nouvelle histoire, il y a comme un air de déjà-vu. Les personnages changent, les lieux et les situations aussi, pourtant la structure semble restée la même.
Avalone l’étudiante ingénue et Clarke Taylor, le mafieux incontrôlable ; June la lycéenne maltraitée et Shayn le professeur-malfrat ; Feyre la souffre-douleur et Rhysand, son ravisseur aux pouvoirs surhumains…
À bien y regarder, on discerne clairement un fil rouge dans ces intrigues – le « script » sous-jacent est assez invariablement le suivant : une fille naïve, faible, la plupart du temps vierge, tombe peu à peu sous l’emprise d’un chad19 menaçant qui déboule inopinément dans sa vie sans qu’elle ait son mot à dire et en tombe amoureuse.
Un narratif qui dénote avec les désirs d’émancipation féministe – question au centre d’un débat interminable tant la définition du terme fluctue comme la météo.20 Et pourtant, comme nous allons le voir, ce phénomène n’est pas nouveau : ce script féminin,21 cette trame singulière, se devine en fait dans toute l’histoire de la littérature – une piste que nous explorerons au chapitre suivant.
Retrouvez le chapitre suivant ici : (II. Le gooniverse)>>
Bibliographie
Romans
- Hoover C. Jamais plus. Paris : Hugo Poche, 2018. ISBN : 9782755637083.
- Hoover C. Ugly love. Paris : Hugo poche, 2024. ISBN : 9782755664362.
- Maas S. J. Un palais d’épines et de roses. Paris : La Martinière, 2017. ISBN : 9782732472300
- Rivens S. Captive. S.l. : BMR, 2022. ISBN : 9782017184690.
- Swan L. Troublemaker. S.l. : BMR, 2023. ISBN : 9782017219132.
- Wallerand C. The Devil’s sons. Montech : Plumes du web, 2022. ISBN : 9782381511085.
Ventes de livres
- Cosnard, D. (2024). Le marché français du livre sauvé par la romance. Le Monde. https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/01/12/le-marche-francais-du-livre-sauve-par-la-romance_6210507_3234.html
- Milliot, J. (2025). Print Book Sales Saw a Small Sales Increase in 2024. PublishersWeekly.Com. https://www.publishersweekly.com/pw/by-topic/industry-news/publisher-news/article/96842-print-book-sales-saw-a-small-sales-increase-in-2024.html
- Statistiques de ventes de Captive Tome 1 - Sarah Rivens. (s. d.). Consulté 12 septembre 2025, à l’adresse https://www.edistat.com/livre_tarifs.php?ean=9782017206934
- Statistiques de ventes de Jamais plus - Colleen Hoover. (s. d.). Consulté 12 septembre 2025, à l’adresse https://www.edistat.com/livre_tarifs.php?ean=9782755637083
- Statistiques de ventes de Seasons Tome 1 : Un automne pour te pardonner - Morgane Moncomble. (s. d.-a). Consulté 12 septembre 2025, à l’adresse https://www.edistat.com/livre_tarifs.php?ean=9782755671193
- Statistiques de ventes de Seasons Tome 1 : Un automne pour te pardonner - Morgane Moncomble. (s. d.-b). Consulté 12 septembre 2025, à l’adresse https://www.edistat.com/livre_tarifs.php?ean=9782755669398
Lectorat des romans érotiques
- Altenburger, L. E., Carotta, C. L., Bonomi, A. E., & Snyder, A. (2017). Sexist Attitudes Among Emerging Adult Women Readers of Fifty Shades Fiction. Archives of Sexual Behavior, 46(2), 455‑464. https://doi.org/10.1007/s10508-016-0724-4
- Bonomi, A. E., Nemeth, J. M., Altenburger, L. E., Anderson, M. L., Snyder, A., & Dotto, I. (2014). Fiction or Not? Fifty Shades is Associated with Health Risks in Adolescent and Young Adult Females. Journal of Women’s Health, 23(9), 720‑728. https://doi.org/10.1089/jwh.2014.4782
- Carraz, T. (2025, octobre). La Grande Féminisation — De quoi le wokisme est-il le nom ? ALACRITIE. https://alacritie.fr/2025/la-grande-féminisation/
- Coles, C. D., & Shamp, M. J. (1984). Some sexual, personality, and demographic characteristics of women readers of erotic romances. Archives of Sexual Behavior, 13(3), 187‑209. https://doi.org/10.1007/BF01541647
- Harris, E. A., Thai, M., & Barlow, F. K. (2017). Fifty Shades Flipped: Effects of Reading Erotica Depicting a Sexually Dominant Woman Compared to a Sexually Dominant Man. The Journal of Sex Research, 54(3), 386‑397. https://doi.org/10.1080/00224499.2015.1131227
- Inzunza-Acedo, B. E. (2015). The Understanding of Romance in Audiences of 50 Shades of Grey. Global Media Journal México, 12(23). https://doi.org/10.29105/gmjmx12.23-3
- Kraxenberger, M., Knoop, C. A., & Menninghaus, W. (2021). Who reads contemporary erotic novels and why? Humanities and Social Sciences Communications, 8(1), 96. https://doi.org/10.1057/s41599-021-00764-3
- Lawrence, & Herold. (1988). Women’s Attitudes toward and Experience with Sexually Explicit Materials. The Journal of Sex Research, 24, 161‑169. https://www.jstor.org/stable/3812830
- SB Sarah. (2025, août 18). Sinners & Stardust & Sexual Assault [Blog]. Smart Bitches, Trashy Books. https://smartbitchestrashybooks.com/2025/08/sinners-stardust-sexual-assault/
- The Nielsen Company. (2015). Literary Liaisons: Who’s Reading Romance Books? The Nielsen Company. https://www.nielsen.com/insights/2015/literary-liaisons-whos-reading-romance-books/
- Umstattd Jr., T. (2024, septembre 4). How to Write Novels Men Want to Read. Author Media. https://www.authormedia.com/how-to-write-novels-men-want-to-read/
- Warren, A. (2019). Kiss and Sell: Is There a Market for Erotica in 18- to 25-year-olds? Interscript, 2(1). https://doi.org/10.14324/111.444.2398-4732.003
- Young, M. (1979). Sexual Attitudes and Behavior of Female Readers and Non-Readers of Erotic Literature. Psychological Reports, 45(3), 932‑934. https://doi.org/10.2466/pr0.1979.45.3.932
Milliot, 2024. ↩︎
Cosnard, 2024. ↩︎
Du nom d’une conférence de la conservatrice américaine Helen Andrews, cf. Carraz 2025. ↩︎
Umstattd, 2024. ↩︎
À supposer que la proportion de femmes de 40 ans mariées en Allemagne soit comparable à celle de la France. ↩︎
Kraxenberger (2021) remarque que l’échantillon de l’étude, bien que légèrement plus éduqué que la moyenne, est probablement biaisée en raison de leurs méthodes de recrutement pour l’étude (p. 9). ↩︎
Bonomi et al. (2014) mettent en exergue que le groupe qui a lu les trois bouquins Cinquantes Nuances est moins touché par les déboires relationnelles que celui qui n’en a lu qu’un seul ; le biais de sélection paraît être le suivant : le deuxième groupe est apparemment moins conscientieux, et donc probablement moins intelligent que le premier, d’où la tendance à « attirer » les problèmes. ↩︎
Kraxenberger et al., 2021 ; Altenburger et al., 2016 ; Bonomi et al., 2014. ↩︎
The Nielsen Company, 2015. ↩︎
SB Sarah, 2025. ↩︎
Kraxenberger et al. (2021) note que le « style d’écriture » est relativement plebiscité par l’audience, ce qui n’est pas en contradiction avec le fait qu’il serve avant tout à stimuler émotionnellement – on peut aussi y voir un certain manque de culture littéraire chez ce lectorat. ↩︎
Coles et Shamp, 1984 : « It is possible, then, that these immensely popular books are a form of erotica satisfying some of the same sorts of needs that are associated with sexual fantasizing. » ↩︎
Lawrence et Herold (1988) est intéressante mais l’échantillon, très dévergondé, peut paraïtre biaisé, et certains facteurs ne sont pas contrôlés (p. ex. le fait d’être en couple ou non), ce qui nuit à l’analyse. ↩︎
https://www.reddit.com/r/books/comments/1705h35/female_booktokers_saying_they_only_want_to_read/ ↩︎
Prononcé tchade, un beau gosse dominateur, ou homme « alpha, » en bon jargon internet. ↩︎
On peut prétendre ces romans féministes en cela qu’ils permettent d’expliciter les fantasmes inavoués des unes, ou anti-féministes en cela qu’ils banalisent pour les autres les comportement agressifs envers ces dames – le critère féministe est donc caduque et inutile pour notre étude. ↩︎
Je considère ce script « féminin » en cela qu’il est quasi-exclusivement l’apanage des femmes. En outre, il est évident que les femmes apprécient nombre d’autres types d’histoires, mais ce ne sont pas des histoires, à proprement parler, typiquement féminines. De la même manière, je serais tenté de dire que certaines productions, comme les romans James Bond, et peut-être comme le roman Fight Club, sont typiquement « masculines. » ↩︎