La Grande Féminisation
De quoi le wokisme est-il le nom ?

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Étiquette(s) : sociologie  ; 

Que les hordes d’étudiants dissidents des universités américaines euent été animés par le “marxisme culturel” m’a toujours paru absurde. Pense-t-on vraiment qu’ils qu’ils ont tous été savamment endoctrinés dans le but de retourner la société civile et de renverser l’ordre patriarcal établi ? Cela paraît plus qu’absurde. Et pour cause : ils n’ont pas eu besoin de cela – ils ont simplement réagi à un changement d’environnement.

Helen Andrews, journaliste conservatrice, développe dans un article pour Compact Mag1 les conséquences de la révolution qui a bouleversé le paradigme existant plus que toutes les autres – et ce n’est pas celle que vous pensez. Pas la chute du communisme, pas même la révolution numérique – non, ce qui a le plus profondément changé la société, selon elle, est La Grande Féminisation, du titre de l’essai d’un certain J. Stone.
Morceaux choisis :

Tout ce que vous considérez comme du “wokisme” n’est que l’épiphénomène de la féminisation.

Le wokisme n’est pas une nouvelle idéologie ou une sécrétion du Marxisme […]. C’est simplement la généralisation du comportement féminin aux seins des institutions où les femmes étaient largement minoritaires jusqu’à récemment.

En France, la proportion de femmes magistrates est passée de 28,5 % du corps en 1982 à 50,5 % en 2001 ; les femmes constituaient la moitié des instituteurs en 1911, contre plus de deux tiers des enseignants du secondaire, et 80% du primaire aujourd’hui2 ; près de 80% des psychologues sont des femmes. L’environnement social est radicalement différent de ce qu’il était il y a un siècle, où les écoles étaient encore non-mixtes. Pourtant, les gens préfèrent encore avoir un homme qu’une femme en tant que patron.3

En un mot : le poids démographique des femmes priorise le féminin sur le masculin – l’empathie plutôt que la raison, la sécurité plutôt le risque, la cohésion plutôt que la compétition.

La différence fondamentale se situe dans le rapport au conflit : les hommes sont directs tandis que les femmes sont indirectes […].

L’aversion au conflit produit une culture dans laquelle les hommes, qui avancent par le conflit et le risque, sont désarmés. Il devient alors impossible de concurrencer les femmes sur leur propre terrain, dans un environnement toxique qu’elles instaurent une fois majoritaire – l’homme est, dans tout ce qu’il a de masculin, toujours renié. Résultat : les hommes désertent.
Donc contrairement au grand mensonge égalitariste, dans la plupart des cas, la concurrence des sexes est toujours un jeu à somme nulle – l’avantage des femmes est toujours le désavantage des hommes. La discrimination positive est toujours une discrimination négative pour l’autre partie.

Ce qui peut indéniablement être un atout. Mais là où le bat blesse c’est que nombre d’institutions vont pâtir de ce changement de paradigme car elles ne pourront plus remplir objectivement leur mission. Andrews fait même une prédiction qui glaçe le sang :

L’État de droit ne survivra pas la féminisation de la profession juridique.

Et la France est bien placée pour le comprendre – 70% des juges professionnels et 61% des procureurs sont des femmes.4 Un rapport sur la féminisation de la magistrature dénoncait “les épreuves que subissent les femmes confrontées à des métiers où dominent des valeurs viriles.”5 Andrews de répondre : la mutation de ses valeurs provoquera beaucoup de dégâts.

Je recommande vivement la conférence brillante d’Helen Andrews sur le sujet6 :


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